Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

Seite: 90
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1808/0136
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 9° )

faire à Paris. Trois cents proteslans condamnes à mort par la
eonne'table devaient être massacres par la populace ameutée. Ca-
therine , instruite à temps, prévint ce crime en ramenant le roi
dans la capitale ; et Montmorency, découvert, se re'fugia à Chan-
tilly. La guerre, bientôt après, lui fournit l’occasion de servir sa
vengeance sans trahir son honneur; mais la bataille de S.-Denis ,
en 1567, termina sa vie et ses exploits. Couvert de blessures, il se
défendait encore vaillamment, quand un Ecossais, nommé Stuard ,
le somma de se rendre, a Me rendre! dit le connétable; tu ne me
ft connais donc pas? C’est parce que je te connais, répond Stuard
« en lui tirant un coup de pistolet, que je te porte celui-ci ».
Montmorency fut arraché mourant des mains des protestans, et
ramené à Paris , où il eut la consolation de se voir regretté de son
souverain. Au moment de sa mort, fatigué des exhortations d’un
cordelier qui l’assistait, il l’interrompit assez vivement. « Eh ! mou
« père,dit-il, croyez-vous que j’aie vécu près de quatre-vingts ans
« avec honneur, et que je ne sache par mourir un quart d’heure »?
Il était âgé de soixante-quatorze ans , et avait vécu sous cinq règnes.
Il expira le 12 novembre 1567. «Qu’on parcoure l’hisloire, dit
a Brantôme, jamais on 11e trouvera une telle vaillance, un tel
« âge, une telle mort, mêlés ensemble, en une seule personne ».
Montmorency fut, sinon le plus heureux capitaine , du moins le
plus consommé de son temps. Esclave de sa parole , scrupuleuse-
ment attaché à ses devoirs, il eût donné l’exemple de toutes les
vertus, sans son inflexibilité et sa rudesse , qu’il poussait jusqu’à la
barbarie. Rempli de zèle pour la religion, il en suivait minutieu-
sement les moindres pratiques , et en oubliait les préceptes les plus
sacrés. « Tous les matins il ne faillait dire ses patenôtres, par les
« champs et aux armées; et en les marmottant, lorsque l’occasion
« se présentait, il disait : Allez-moi pendre un tel, attachez celui-
« là à un arbre, taillez-moi en pièces tous ces marauds. ... ; d’où
« les soldats répétaient qu’il fallait se garder des patenôtres de
« M. le connétable. » (Brantôme.)

Nota. Ce passage est extrait de la Galerie historique des
Hommes célèbres de tous les siècles et de toutes les nations,
par une société de gens de lettres, et publiée par C. P. Landon_
j 2 vol. in-12, contenant chacun 72 portraits gravés au trait /avec
environ 2S0 pages de texte. Prix , 9 fr, le volume. A Paris chez
l’cditeur, rue de l’Université, n° 19.
loading ...