Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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Planche quarante-septième. — La Vierge et l'Enfant
Jésus; Tableau de la Caleriedu Musée, par Francesco
Trevisani.

L’Enfant Jésus , assis sur une table, est soutenu par
sa mère; près de lui est un vase d’où l’on voit sortir
une tige de lis que la Vierge semble lui présenter,
tandis qu’il lui montre une fleur de grenadille. Le
peintre a voulu sans doute figurer par le lis la pureté
de Marie, et par la grenadille l’événement futur de
la passion, dont cette fleur , dit-on, représente les
divers instrumens.

Ce tableau d’un bon goût de dessin, est exécuté
d’un pinceau large et moelleux ; il est vigoureux
d effet; mais le coloris tire un peu sur le rouge.

On connaît sous le nom de Trévisam, deux peintres
contemporains , Francesco et Angelo. Francesco , né
en i656 à Tréviso, ville du pays vénitien, était ap-
pelé à Venise même Trevisani le Romain, parce qu’il
avait habité Rome et s’y était perfectionné. En effet,
il ne fut pas plutôt arrivé dans cette dernière ville
qu’il abandonna ses premiers principes , et se con-
forma au goût qui y régnait alors. Il eut sur-tout un
si grand talent pour imiter la manière des autres
peintres, qu’on y était trompé , et qu’on aurait pu at-
tribuer quelques-uns de ses ouvrages au Cignani , et
même au Corrège. On voit probablement encore à
Forli , chez MM. Albiccini, plusieurs tableaux de
Francesco , dans différens styles , entre autres un
crucifiement, dont les figures , de petite proportion,
joignent au fini de la touche une expression très-
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