Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

Seite: 104
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1808/0157
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
C <°4 )

gures sous les yeux du maître, que celui-ci présuma
qu’ils iraient fort loin un jour, et en demeura con-
vaincu lorsqu’ils eurent commencé à manier le ciseau.

Après avoir travaillé quelque temps à Paris , Fran-
çois et Michel partirent pour Rome, et firent dans
leur art des progrès qui les ont placés au rang des
meilleurs sculpteurs de leur siècle. De retour à Paris,
ils enrichirent cette ville de plusieurs excellens mor-
ceaux , dont les plus estimés , selon l’opinion com-
mune , sont de la main de François, l’aîné des deux
frères. Il est un des premiers en France qui ait su
donner la vie au marbre, et ses figures se font re-
marquer par la beauté et la variété de l’expression.
On cite entre autres le Crucifix en marbre du maître-
autel de la Sorbonne , le Mausolée du cardinal de
Berulle dans l’église de l’Oratoire, celui de Jacques
de Thou ( dont on a parlé dans un des articles pré-
cédens ) , celui du duc de Montmorency , à Mou-
lins $ quatre figures du tombeau du duc de Longue-
ville , dans l’église des Célestins de Paris -, le tombeau
de Jérôme Bignon, et quelques figures d’après l’an-
tique.

Michel, son frère, a fait plusieurs ouvrages du
même genre, mais on cite particulièrement les figures
et les bas-reliefs de la Porte Saint-Denis, qui fout
l’admiration des connaisseurs , et suffiraient pour as-
surer la célébrité d’un artiste.

François Anguier mourut à Paris en 169g, âgé de
quatre-vingt-quinze ans ; Michel mourut dans la
même ville, en 168S, âgé de soixante-quatorze ans.
Ils sont enterrés à Saint-Roch , et l’on a gravé sur
leur tombeau une épitaphe en vers français.
loading ...