Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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vant être martyrs, résolurent de vivre en liermites.
Ils dressèrent de petites cellules dans le jardin de leur
père, où ils se retiraient souvent pour prier.Thérèse
perdit sa mère à l’âge de douze ans : cet événement
apporta de grands changemens dans sa conduite. La
lecture des romans la jeta dans la dissipation , et
l’amour d’elle-même et du plaisir auraient bientôt
éteint toute sa ferveur, si son père ne l’eût mise dans
un couvent. C’est à l’histoire particulière de cette
sainte qu’il faut recourir pour connaître toutes les
œuvres de piété dont elle embellit une vie de soixante-
huit années. Grégoire XY la canonisa environ qua-
rante ans après sa mort. Elle avait fondé plusieurs
monastères et en avait réformé trente, tant d’hommes
que de filles. « Tendre et affectueuse jusqu’aux larmes
les plus abondantes , vive et toute de flamme sans
délire et sans emportement, cette sainte porta l’amour
divin au plus haut degré de sensibilité dont soit sus-
ceptible le cœur humain. On connaît sa sentence favo-
rite : Ou souffrir , Seigneur , ou mourir ! et sa belle
pensée, au sujet du démon : ce malheureux, disait-
elle , qui ne saurait aimer ! Son humilité était ex-
trême. On lui disait un jour qu’elle avait la répu-
tation d’être sainte : « On a dit de moi, répondit-elle ,
« trois choses : Que j’étais assez bien faite, que j’avais
« de l’esprit, et que j’étais sainte. J’ai cru les deux
* premières pendant quelque temps, et je me suis con-
,< fessée d’une vanité aussi pitoyable ; mais pour la
„ troisième je n’ai jamais été assez folle pour me le
u persuader un moment. »
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