Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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qui l’on doit d’excellentes réflexions sur les peintres
et sur leurs ouvrages, a dit avec raison, en parlant
de Lesueur , et peut-être avait-il en vue le tableau
dont il s’agit :

« Il ne faut pas que les étrangers nous accusent de
louer avec excès les peintres de notre nation, comme
quelques-uns d’eux ont fait de ceux de leur pays:
c’est pourquoi je ne vous dirai pas que Lesueur ait
égalé Raphaël et le Titien dans la correction du des-
sin et la beauté du coloris, ni qu’il ait su, comme
le Poussin, toutes les belles parties nécessaires à la
perfection de la peinture. Mais s’il n’est pas arrivé
à un si haut degré de doctrine, il s’es t bien élevé,
et n’est pas tombé dans beaucoup de fautes qu’on
peut remarquer en plusieurs des peinti’es qui ont

travaillé de son temps. Il faut considérer que

ce peintre n’avait pas fait assez d’étude dans l’his-
toire ni même d’après les antiques et les plus excellens
maîtres d’Italie ; et qu’ainsi son seul génie lui a
fourni tout ce qu’il a produit. On doit l’estimer
d’avoir par lui-même suivi une manière si sage, et
marché sans guide sur les pas des plus grands hommes,
de telle sorte qu’il semble s’être instruit dans l’école
de Raphaël sans avoir été à Rome j et on peut l’ad-
mirer quand on considère la beauté de ses disposi-
tions , les attitudes si aisées de ses figures, et avec
quelle sagesse il se contentait de suivre son sujet où
il le menait , et non pas où il le conviait d’aller,
ce qui est une prudence que tous les peintres n’ont
pas , lesquels vont souvent plus loin qu’ils ne doivent. »

( Entretien sur les vies et sur les ouvrages des peintres,
par Felibien, )
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