Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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Planche soixante - deuxième. — S. François d’Assise
invoquant la Vierge ; Tableau de la Galerie du
Musée, par le Guerchin.

S. François, à genoux, accompagné d’un religieux
de son ordre , fait sa prière devant un autel. Deux
anges soulèvent un voile et découvrent à ses yeux
l’Enfant-Jésus et la Vierge, qui promet sa protection
à l’ordre institué par S. François.

Ce ne peut être que pour se conformer à quelque
tradition particulière, que le peintre n’a pas donné,
selon l’usage, les proportions de la nature à la Vierge
et à l’Enfant-Jésus, qui, dans ce tableau , ressemblent
plutôt à quelqu’une de ces petites images dont on
orne les églises, et qu’on affuble de vêtemens et d’or-
nemens de mauvais goût.

Nous avons donné précédemment un extrait de la
vie de S. François d’Assise ( Voyez tome XV, page nj).
Quant au Guerchin, dont ce tableau ne peut que
soutenir la réputation , nous avons eu tant de fois
occasion de parler de l’excellence de ses talens, de
ce que l’on doit admirer dans ses ouvrages , de ce
qu’ils peuvent laisser à desirer, qu’il n’est guère pos-
sible de revenir sur cet objet : nous ne pouvons y ajou-
ter que quelques particularités qui lui sont person-
nelles j elles ont quelque intérêt , eu ce qu'elles con-
cernent un artiste d’un mérite extraordinaire.

Le Guerchin faisait souvent porter son chevalet et
sa palette vis-à-vis quelque chef-d’œuvre de pein-
ture , dont la vue l’inspirait et soutenait son élan pen-
dant le travail. Il disait, en considérant les tableaux des
grands maîtres, qu’il ne les croyait pas sans défauts,
mais qu’il regardait les beaux endroits pour en profiter,
sans songer à ce qu’il y avait de repréhensible.

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