Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

Seite: 120
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1808/0181
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 120 )

Il reçut chez lui trois cardinaux qui passaient à
Cento , lieu de sa naissance, et les fit servir par douze
de ses élèves les mieux faits et les plus polis. Ces trois
éminences furent enchantées de cette réception, et la
trouvèrent digne d’un roi.

Le prince Ludovisi lui avait commandé un tableau
de la Sainte-Famille , et en avait fait présent au pape
Innocent X, qui trouva l’Enfant-Jésus trop nu. Le
Guerchin écrivit à Piètre de Cortone pour le prier
de couvrir cette figure. Ce peintre , par considéra-
tion pour lui, fit quelque difficulté ; mais il fut obligé
d’obéir au pape, et s’excusa envers le Guerchin.

L’honneur d’être nommé premier peintre du roi
de France ne le flatta point ; il s’en excusa sur ce
qu’il avait refusé le même avantage de la part du
roi d’Angleterre.

Pendant la vie du Guide, son émule, le Guerchin
demeura à Cento. La manière de ces deux artistes
était si différente, qu’ils se seraient nui l’un à l’autre.
Après la mort de son ami, il vint s’établir à Bologne,
réforma son goût et adoucit ses teintes. La reine Chris-
tine de Suède le vint voir à son passsage à Bologne j
elle lui tendit la main et prit la sienne , en disant
qu’elle voulait toucher une main qui opérait de si
belles choses.

Nous avons dû citer souvent les tableaux du Guer—
chin : le Musée en possède environ vingt-cinq. Peu
d’artistes ont autant travaillé que lui. Ceux qui ont
écrit sa vie comptent plus de six cents tableaux d’au-
tel , plus de cinquante grands sujets , sans compter
les coupoles, les plafonds, les morceaux peints sur
mur, et les petits tableaux de chevalet. Il laissa à
sa mort dix gros volumes de dessins.
loading ...