Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 16.1808 [Cicognara Nr. 3401-16]

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Planche soixante* dixième, soixante-onzième et soixante-

douzième. — La Bataille de Constantin contre

Maxence , par Lebrun.

Cette immense composition représente la vic-
toire cle Constantin-le-Grand sur Maxence. Le 28
octobre 3i2, Maxence, qui était sorti de Rome avec
une armée de 170 mille combattans, fut contraint
de donner la bataille. Il avait fait jeter un pont sur
le Tibre, à l’endroit même où est aujourd’hui le
Ponte-Mole; et l’avait fait construire de telle sorte, que
Constantin venânt à y passer, il y avait certaines
machines disposées à s’ouvrir et à faire tomber dans
l’eau ceux qui seraient dessus, aussitôt qu’on en lâ-
cherait les ressorts j mais ce piège qu’il avait tendu
à son ennemi ne servit qu’à le précipiter lui-même;
car Constantin ayant vigoureusement attaqué son
armée , il la mit si fort en déroute , que Maxence ,
contraint de se retirer parmi les fuyards, tomba du
haut du pont dans le Tibre, et se noya, soit que la
machine eût fait son effet, soit que le pont, étant
trop chargé, se rompît de lui-même. Le corps de
Maxence fut aussitôt retiré par les plongeurs, qui lui
coupèrent la tête et la mirent au bout d’une pique.

Ce sujet, composé par Lebrun, l’avait été antérieu-
rement par Raphaël; mais la mort prématurée de ce
grand peintre l’ayant empêché d’en faire le tableau, il
fut exécuté par Jules-Romain, son élève. Si l’on n’y
remarque pas toute la pureté et toute la finesse qui
distinguent le maître, Jules-Romain y mit peut-être
plus de vivacité et d’énergie qu’on n’en pouvait at-?
îepdre de Raphaël même.
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