Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche quatrième. —■ Daphnis et Chinef ont des offrandes
aux dieux, avant de quitter la vie pastorale ; Des-
sin , par M. Gérard.

« Le bruit fut incontinent espandu par-tout que
Dionysiophanes avoit retrouvé et recogneu un sien fils ,
et que Daphnis le chevrier estoit devenu seigneur et
maistre de ses chevres et de tout l’héritage ; à l’occa-
sion de quoi touts les voisins paysans y accoururent de
toutes parts , les uns pour se conjouir avec Daphnis
de la bonne fortune qui lui estoit advenue, les aultres

pour faire quelques présents à son père.

« Daphnis , d’aultre costé , amassa touts les meubles
qu’il avoit pendant qu’il gardoit les bestes , et les dis-
tribua aux dieux : premièrement il donna à Bacchus sa
pannetière et sa peau de chevre aussi ; puis feit offrande
de sa fluste à Pan; il dédia sa houlette aux nymphes,
avec les tirouers à tirer les chevres, qu’il avoit faicts
lui mesme. Mais en faisant chascune offrande , il ne se
pouvoit tenir de plorer pour ce qu’il se dessaisissoit
des meubles à quoi il avoit prins si grand plaisir : tant
est plus doux un estât, pour petit qu’il soit, quand on
l’a accoustumé , qu’une félicité non accoustumée. De
sorte que , quand il vint à offrir ses tirouers , il voulut
encore premièrement y tirer ses chevres, et ne donna
point sa pelisse de peau de chevre qu’il ne J’eust en-
core un coup vestue, ni sa fluste qu’il n’en eust joué ;
et si les baisa touts en les donnant, et clict adieu à ses
chevres et appelle les boucquins par leurs noms , et
bien souvent se desroba pour aller boire de l’eau dé-
fi
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