Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche neuvième et dixième. ■—La rencontre de David
et Abiraü ; Tableau de la Galerie du Musée , par
!.. Licherie.

« Nabal, mari d’Àbigail, homme riche, mais d’une
« avarice extrême , avait refusé avec dureté des rafraî-
« chissemens aux troupes de David. Ce prince, irrité,
« marchait pour le punir , lorsqu’Àbigail vint à sa
« rencontre, et désarma sa colère en lui offrant des
« vivres de toute espèce. Sa grâce et sa beauté firent
«1 dès-lors tant d’impression sur David , qu’il l’épousa
« par la suite, après la mort de Nabal. »

Ce tableau, qui sous le rapport de la composition,
du dessin et des caractères, rappelle singulièrement
la manière de Le Brun, est deL. Licherie, son élève.
L’ouvrage n’est pas du plus grand style , mais il ne
manque pas de noblesse , et l’on y trouve une certaine
élégance de formes et une richesse de détails dont
l’ensemble annonce un talent agréable'.

On a peu de notions sur L. Licherie, dont la répu-
tation et les ouvrages ne sont pas très-répandus. Né à
Houdan en Normandie , il est mort en 1687. Ses ta-
bleaux sont généralement dans le goût de Le Brun.

On s’est récrié souvent contre l’influence de Le
Brun sur les artistes de son temps. On assure que
non - seulement il obligeait ses élèves à adopter ex--
clusivement sa manière , mais qu’il exigeait encore
des peintres employés sous sa direction , qu’ils se
conformassent servilement à ses idées - abus qui dut
entraîner la décadence de l’art.

Il n’est pas aisé de spécifier jusqu’à quel point ces
reproches sont fondés; ils ne sont pas sans quelques
motifs : cependant nous les croyons exagérés. Le Brun

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