Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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eut beaucoup d’imitateurs • il a cela de commun avec
tous les chefs d’école , et d’ailleurs il n’est pas étonnant
que , soit pour mettre plus d’ensemble dans leurs tra-
vaux communs , soit pour obtenir la faveur du maître ,
les peintres occupés en sous-ordre aient cherché, sans y
être contraints , à saisir son style et son goût parti-
culier.

Mais quelle que soit la valeur du reproche fait à ce
grand peintre, ne peut-on pas du moins en inférer qu’il
serait dangereux pour la prospérité des beaux-arts (i),
d’en confier la direction absolue à un homme qui en fe-
rait sa profession spéciale , et qui joindrait à l’influence
du talent une autorité qu’aucun artiste n’aurait le droit
de récuser?

S’il est vrai que Le Brun , à qui les historiens accor-
dent un esprit droit, une érudition solide , un parfait
désintéressement , et sur-tout un zèle ardent pour la
gloire de son art • s’il est vrai qu’un tel homme ait
abusé de son autorité, tyrannisé ceux qui parcouraient
avec lui la même carrière , et préparé cette décadence
honteuse où les beaux-arts tombèrent après lui • que
n’aurait-on on pas à craindre , si une semblable autorité
devenait le partage de quelque artiste moins grand ,
moins généreux, et qui n’aurait reçu de la nature ni
ce génie fécond , ni cette conception hardie qui ont
immortalisé le premier peintre de Louis XIV, ni ces
qualités précieuses qui le firent estimer et honorer
durant sa vie?

(i) La peinture , la sculptura et l'architecture.
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