Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche seizième. — Une scène de la tragédie de Mi-
thridate ; Dessin par M. Peyron.

Cette scène, qui termine le deuxième acte de la
tragédie,offre peu de moyens au peintre, puisqu’elle
se compose toute d’un entretien entre Xipharès et
Monime. On ne peut y suppléer que par la finesse
de l’expression. Les vers de Racine, que nous allons
citer, étaient bien dignes d’inspirer l’artiste.

On se rappelle que Monime, accordée à Mitliridate,
et déjà déclarée reine, est sur le point de former des
nœuds que son cœur désavoue. Elle est depuis long-
temps aimée des deux fils du roi, Xipharès et Phar-
nace • et Mithridate vient d’apprendre qu’il a un rival
dans l’un des ces deux princes : mais ses soupçons ne
tombent que sur Pharnace; et prêt à partir pour son
armée, c’est à Xipharès qu’il confie la garde de la reine
et les intérêts de son amour.

xipharès, resté seul avec Monime.

Que dirai-je, madame, et comment dois-je entendra
Cet ordre , ce discours que je ne puis comprendre?

Serait-il vrai, grands dieux ! que, trop aimé de vous ,
Pharnace eût en effet mérité ce courroux ?

Pliarnace aurait-il part à ce désordre extrême ?

MONIME.

Pharnace ? ô ciel ! Pharnace ! Ah ! qu’entends-je moi-même ?
Ce n’est donc pas assez que ce funeste jour
A tout ce que j’aimais m’arrache sans retour ;

Et que par mon devoir , esclave infortunée ,

A d’éternels soucis je me voie enchaînée ?

Il faut qu’on joigne encor l’outrage h mes douleurs,

A l’amour de Pharnace on impute mes pleurs;

Malgré toute ma haine , on veut qu’il m’ait su plaire....

XIPHARÈS.

Madame , par pitié , faites-le moi connaître.

I® Coll. T. Compl. 11
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