Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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( 4o )

■Quel est-il, cet amant ? Qui dois-je soupçonner ?

M O N I M E.

Avez-vous tant de peine à vous l’imaginer ?

Tantôt, quand je fuyais une injuste contrainte ,

A qui , contre Pharnace , ai-je adresse' ma plainte ?
Sous quel appui tantôt mon cœur s’est-il jeté ?

Quel amour ai-je enfin sans colère écouté ?

X X P H A R È S.

O ciel ! quoi , je serais ce bienheureux coupable
Que vous avez pu voir d’un regard favorable ?

Vos pleurs pour Xiphavès auraient daigner couler ?

M O N I M E.

Oui , prince , il n’est plus temps de le dissimuler j
Ma douleur , pour se taire , a trop de violence.

Un rigoureux devoir me condamne au silence ;

Mais il faut bien enfin , malgré ses dures lois ,

Parler pour la première et la dernière fois.

Vous m’aimez dès long-temps : une égale tendresse ,
Pour vous , depuis long-temps , m’afflige et m’intéresse^
Songez depuis quel jour ces funestes appas
Firent naître un amour qu’ils ne méritaient pas.
Rappelez un espoir qui ne vous dura guère,

Ce trouble où vous jeta l’amour de votre père ,

Le tourment de me perdre et de le voir heureux ,

Les rigueurs d’un devoir contraire à tous vos vœux •
Vous n’eu sauriez , seigneur , retracer la mémoire ,

Ni conter vos malheurs , sans conter mon histoire j
Et lorsque ce matin j’en écoutais le cours ,

Mon cœur vous répondait tous vos mômes discours.
Inutile ou plutôt funeste sympathie !

Trop parfaite union par le sort démentie !

Ah ! par quel soin cruel le ciel avait-il joint

Deux cœurs que l’un pour l’autre il ne destinait point ?

Car quel que soit vers vous le penchant qui m’attire ,

Je vous le dis , seigneur, pour ne plus vous le dire ,

Ma gloire me rappelle et m’entraîne à l’autel
Où je vais vous jurer un silence éternel.

J’entcuds, vous gémissez , etc.
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