Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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C 4g )

Planche vingt-cinquième et vingt-sixième. — Le Repas

chez Lévi ; Tableau de la Galerie du Musée ; par

Paul Véronèse.

On est forcé de convenir que le dessin de Paul Vé-
ronèse laisse quelque chose à desirer sous le rapport de
la finesse et de la? correction ; mais il est plein de nerf,
et l’on ne pourrait sans injustice refuser le titre de grand
dessinateur à ce peintre , qui a traité si grandement
toutes les parties de son art. Si quelquefois ses ca-
ractères manquent de noblesse, s’il a sacrifié à son goût
particulier pour les étoffes riches, brillantes et variées,
une des convenances essentielles , la sévérité du cos-
tume (car on ne peut guère supposer qu’il l’ait négligé
à ce point par ignorance), du moins aucun peintre ne
l’a surpassé dans le mouvement et l’abondance de la
composition , dans la vérité et la puissance de l’effet
général. Le prestige en est d’autant plus admirable, que
l’art s’j fait moins apercevoir; et l’on dirait que le
peintre n’a rien combiné, qu’il ne s’est attaché qu’à l’imi-
tation simple et individuelle, enfin que la nature seule
lui a indiqué ces masses si franches, ces teintes si
frères et en même temps si harmonieuses qu’il a su
opposer et faire valoir les unes par les autres, avec un
talent qui tient du prodige.

Mais une parfaite originalité n’est pas le seul mérite
éminent de Paul Véronèse. Sa fécondité est comparable
à celle qui distingue les Rubens, les Guerchin, et
généralement les artistes du haut rang. A 56 ans, époque
de sa mort, ce grand peintre avait produit plus d’ou-
vrages que n’en ont offert tous ensemble, depuis vingt-
années, les plus fermes soutiens de notre école.
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