Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche trente-unième. — Phrosine, ayant traversé les
Jlots à la nage , aborde au rocher de l'hermitage qu’ha-
bite Mélidore ; dessin de M. Prud’hon.

Ce sujet, tiré du poëme de Phrosine et Mélidore,
par Bernard, est trop connu pour qu’il soit nécessaire
de le rappeler ici dans son entier. Il suffira de tran-
scrire le passage où le peintre a choisi le motif de sa
composition. Phrosine , pendant la nuit, expose ses
jours pour aller trouver son amant

De son rocher, l’amoureux Mélidore
Ne voit, n’entend , n’entrevoit rien encore ;

Il marche , écoute , appelle à tout moment,

De son fanal excite l’aliment,

Monte au rocher , redescend au rivage ,

Bénit le calme et conjure l’orage.

Il voit enfin naître un sillon léger :

Un bruit s’élève , aux vagues étranger.

D’objet paraît sur un flot qui bouillonne.

11 meurt de joie , et de crainte il frissonne.

D’un flot à l’autre il mesure la mer;

Son œil avide a le feu d’un éclair ;

Tout son sang brûle et tout son corps palpite»

L’objet s’approche ; et lui se précipite ,

L’atteint, l’enlève au fatal élément.

Oh! quel fardeau pour le bras d’un amant!

Quel coup ! ô ciel ! quelle scène inouie !

Mais sa Phrosine était évanouie;

Trop de frayeur, de fatigue et d’efforts ,

Avaient, hélas ! épuisé ses ressorts.etc.

( Phrosine et Mélidore, chant IV. )

Ce joli dessin, où l’on trouve de l’expression et des
scènes gracieuses , est de la même main que le beau
tableau de la Justice et la Vengeance divine poursuivant
le Crime, et de celui de Psyché enlevée par Zéphyre,
qui ont obtenu les suffrages du public au Salon de 1808.
Nous avons fait graver ces deux tableaux, et en avons
rendu compte dans un des volumes de ce recueil.
{Voyez Annales du Musée, Salon de 18c 8,pag. ü2e£63.)
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