Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche trente-septième. — Junie enlevée par ordre de
Néron ; Dessin de M. Chaudet.

Dans la tragédie de Britannicus, le spectateur n’est
instruit de l’enlèvement de Junie que par le court récit
qu’en fait Britannicus. Pour l’intelligence de cette si-
tuation , nous rappelons ici dans son entier la scène
troisième du premier acte.

AGRIPPINE.

Ali ! prince, où courez-vous ? Quelle ardeur inquiète
Parmi vos ennemis en aveugle vous jette ?

Que venez-vous chercher ?

BRITANNICUS.

Ce que je cherche ? Ah , dieux !
Tout ce que j’ai perdu , madame , est en ces lieux.

De mille affreux soldats Junie environnée ,

S’est vue en ce palais indignement traînée.

Hélas ! de quelle horreur ses timide esprits
A ce nouveau spectacle auront été surpris ?

Enfin on me l’enlève. Une loi trop se'vère
Va séparer deux cœurs qu’assemble leur misère.

Sans doute, on ne. veut pas que , mêlant nos douleurs,

Nous nous aidions l’un l’autre à porter nos malheurs.

AGRIPPIN E.

Il suffit. Comme vous je ressens vos injures ;

Mes plaintes ont déjà précédé vos murmures.

Mais je ne prétends point qu’un impuissant courroux
Dégage ma parole et m’acquitte envers vous.

Je ne m’explique point. Si vous voulez m’entendre ,

Suivez-moi chez Pallas où je vais vous attendre.

Cette composition , du même artiste que celle qui
fait le sujet de l’article précédent, offre le même style ,
la même correction , et mérite les mêmes éloges.

Ire Coll, T. Compl.

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