Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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*( 7° )

Planche quarante-quatrième. — Scène de la Thébaïdâ-
ou des Frères ennemis ; Dessin de M. Moitte.

On vient d’annoncer à Jocaste que ses deux fiis
Etéocle et Polynice, implacables dans leur haine et
dans leurs fureurs, ont marché l’un contre l’autre à
la tête de leurs armées, et en sont venus aux mains :
tel est le sujet de la deuxième scène de la tragédie
des Frères ennemis, et de la planche qui fait la ma-
tière de cet article.

r JOCASTE.

Ma fille , avez-vous su l’excès de nos misères ?

ANTIGONE.

Oui, madame ; on m’a dit la fureur de mes frères.

JOCASTE.

Allons, chère Antigone , et courons de ce pas

Arrêter , s’il se peut , leurs parricides bras.

Allons leur faire voir ce qu’ils ont de plus tendre ;

Voyons si contre nous ils pourront se défendre ,

Ou s’ils oseront bien , dans leur noire fureur ,

Répandre notre sang pour attaquer le leur.

Quelles traces de sang je vois sur vos habits ?

Est-ce le sang d’un frère , ou n’cst-ce point du vôtre ?

ÏTÉOCIE.

Non, madame , ce n’est ni de l’un ni de l’autre.

Dans son camp jusqu’ici Polynice arrêté, 1
Pour combattre, à mes yeux ne s’est point pre'senté.
D’Argiens seulement une troupe hardie
M’a voulu de nos murs disputer la sortie ;

J’ai fait mordre la poudre à ces audacieux;

Et leur sang est celui qui paraît à vos yeux.

JOCASTE.

Mais que prétendiez-vous? etc.

( Acte Ie1', scène 2 et 0. )

ANTIGONE.

Madame, c’en est fait, voici le roi lui-même.

JOCASTE.

Olympe , soutiens-moi, ma douleur est extrême.

ETÉOCLE.

Madame , qu’avez-vous ? et quel trouble. ....

JOCASTE.

Ah ! mon fils,
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