Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche quarante- septième. —- Dispute d’Achille et
d’Agamemnon ; Dessin de M. Gérard.

Agamemnon a consenti au sacrifice cl’Iphigénie, or-
donné par un oracle. Achille , à qui elle a été promise
pour épouse , vient lui demander s’il est vrai qu’il
laisse sacrifier sa propre fille. Le ton menaçant de ses
discours révolte Agamemnon, qui lui répond avec la
fierté du chef de la Grèce et tout l’orgueil du roi des
rois. Achille ne garde plus de mesure , et lui fait les
reproches les plus sanglans. Il lui déclare qu’il ne con-
naît Priam, Hélène, ni Peins ; qu’il ne veut que sci fille,
et ne part quà ce prix.

AGAMEMNON.

Fuyez donc , retournez dans votre Th essai ie ;

Moi-méme je vous rends le serment qui vous lie.

Assez d’autres viendront , à mes ordres soumis ,

Se couvrir des lauriers qui vous furent promis.

Et par d’heureux exploits forçant la destine'e ,

Trouveront d’Ilion la fatale journée.

J’entrevois vos mépris , et juge à vos discours
Combien j’aeheterais vos superbes secours.

De la Grèce déjà vous vous rendez l’arbitre.

Des rois, à vous ouïr , m’ont paré d’un vain titre.

Fi er de votre valeur , tout , si je vous en crois,

Doit marcher, doit fléchir, doit trembler sous vos loix.

Un bienfait reproché tint toujours lieu d’offense.

Je veux moins de valeur et plus d’obéissance.

Fuyez , je ne crains pas votre impuissant courroux ,

Et je romps tous les nœuds qui m’attachaient à vous.

ACHILLE.

Rendez grâce au seul nœud qui retient ma colèrej
D’Iphigénie encor je îespecte le père.

Peut-être sans ce nom , le chef de tant de rois
M’aurait osé braver pour la dernière fois.

Je ne dis plus qu’un mot, c’est à vous de m’entendre :

J’ai votre hile ensemble et ma gloire à défendre ;

Pour aller jusqu’au cœur que vous voulez percer,

Voilà par quel chemin vos coups doivent passer.

Iphigénie, acte IV, scène 6.
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