Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche cinquante-cinquième. — Pioxane et Atalide ;

Dessin de M. Gérard.

Roxane aime Bajazet. Elle se croit long-temps sans
rivale ; mais Atalide aime aussi ce jeune prince, et
en est payée de retour. Pioxane soupçonne enfin leur
intelligence , et veut apprendre la vérité de la bouche
même d’Atalide. Elle a reçu d’Amurat l’ordre de faire
périr Bajazet; elle vient trouver sa rivale, et lui an-
nonce l’intention du sultan. Atalide , déguisant sas
frayeur, l’interroge sur ses projets , et lui demande
à quel parti elle va s’arrêter. Roxane, qui s’aperçoit
de son trouble et qui veut l’augmenter encore , lui
répond qu’elle doit obéir aux volontés d’Amurat, et
que déjà ses ordres sont donnés pour leur exécution.
Atalide ne peut cacher plus long - temps ce qui sô
passe, dans son coeur ; elle tombe évanouie entre les
bras de sa confidente , et ne peut prononcer que ces
mots, d’une voix éteinte : Je me meurs. Roxane, fu-
rieuse d’avoir pénétré ce secret qu’elle brûlait de dé-
couvrir , fait conduire sa rivale dans un appartement
voisin, et se livre aux projets les plus cruels de ven-
geance contre les deux amans.

Tel est le sujet de ce dessin de M. Gérard , qui a
représenté une des scènes les plus intéressantes de la
tragédie, et qui a bien fait contraster l’abattement et la
douleur d’Atalide avec la fierté menaçante de Roxane.
On est surpris de voir Roxane les pieds nus , ainsi que
la suivante d’Atalide. En général, la vérité du costume
n’est pas observée avec toute l’exactitude qu’on pour-
rait desirer.
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