Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

Seite: 85
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Planche cinquante-neuvième. — Joas sauvé par Josabeth ;

Dessin de M. Chaudet.

C’est une action épisodique en récit, que repré-
sente ce dessin de M. Chaudet. Le grand - prêtre Joas
rassure son épouse, effrayée de la méchanceté d’Athalie,
et lui rappelle la protection que Dieu accorde à l’in-
nocence, et les châtimens dont il punit la cruauté et
la tyrannie ; il lui rappelle la mort d’Achab, de Jesabel
et de Joram et lui montre le bras du Seigneur toujours
étendu sur la race impie qui l’a outragé. Josabeth s’é-
pouvante de la sévérité même de sa justice, et elle
craint de voir le malheureux Joas enveloppé dans la
proscription de toute sa famille. Elle ne peut se res-
souvenir sans effroi du péril que cet enfant a couru.

Hélas ( dit-elle ) ! l’état horrible où le ciel me l’offrit
Revient à tout moment effrayer mon esprit.

De princes égorgés la chambre était remplie ;

Un poignard à la main, l’implacable Athalie
Au carnage animait ses barbares soldats ,

Et poursuivait le cours de ses assassinats.

Joas , laissé pour mort , frappa soudain ma vue.

Je me figure encore sa nourrice éperdue ,

Qui devant les bourreaux s’était jetée en vain ,

Et faible le tenait renversé sur son sein.

Je le pris tout sanglant ; et baignant son visage ,

Mes pleurs du sentiment lui rendirent l’usage ;

Et, soit frayeur encore , ou pour me caresser ,

De ses. bras innocens je me sentis presser.

Athalie, acte I , scène II.

Le dessinateur a choisi ce sujet comme le plus
propre à inspirer tout à-la-fois l’horreur et la pitié.
D’un côté, Athalie, furieuse , un poignard à la main,
excitant ses soldats au carnage; de l’autre, une femme
un enfant et sa nourrice ; mais cette femme est la sœur
du roi d’Israël, cet enfant est son fils et l’héritier du
trône. Seul il respire encore au milieu de tous ses
frères égorgés , et à chaque instant il peut retomber
entre les mains de son implacable ennemie, et sous le
fer des bourreaux.

Le poète ne pouvait pas offrir au peintre de plus
belles images, et un sujet plus pathétique.
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