Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche soixante-deuxième. — Esther devant Assuérus -
Dessin de M. Chaudet.

Une loi sévère défendait, sous peine de mort, de se
présenter devant les rois de Perse sans être appelé;
c’est ce que R.acine a exprimé dans ces beaux vers :

Au fond de leur palais , leur majesté terrible ,

Affecte à leurs sujets de se rendre invisible,

Et la mort est le prix de tout audacieux
Qui, sans être appelé , se présente à leurs yeux ,

Si le roi dans l’instant , pour sauver le coupable ,

Ne lui donne à baiser son sceptre redoutable.

Estlier, malgré cette défense , se rend auprès d’As-
suérus , pour lui demander la grâce des Juifs , dont.il
a signé la condamnation.

ASSUÉRUS.

. . . Sans mon ordre on porte ici ses pas !

Quel mortel insolent vient chercher le trépas?

Gardes. . . . C’est vous , Esther ? Quoi ! sans être attendue ?

ESTHER.

Mes filles,, soutenez votre reine éperdue.

Je me meurs.

ASSUÉRUS.

Dieux puissans ! quelle 'étrange pâleur
De son teint tout-à-coup efface la couleur !

Estlier , que craignez-vous ? suis-je pas votre frère ?

Est-ce pour vous qu’est fait un ordre si sévère ?

Venez. Le sceptre d'or que vous tend cette main,

Pour vous de ma clémence est un gage certain.

ESTHER.

Quelle voix salutaire ordonne que je vive ,

Et rappelle en mon sein mon âme fugitive ?

ASSUÉRUS.

Ne connaissez-vous pas la voix de votre époux ?

Encore un coup , vivez , et revenez à vous.

Esther, acte II , scène VIL

On peut remarquer dans cette composition la ri-
chesse des ornemens du palais impérial. Le trône
d’Assuérus est surmonté d’un paon semblable à celui
qui couronnait le trône de l’empereur du Mogol, et
dont les couleurs étaient nuancées par toutes sortes
de pierreries.
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