Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche soixante-quatorzième. — Prières de Jocaste à
PoLyniçe ; Dessin de M. Moitié.

Jocaste, Antigone et Hémon se réunissent pour dé-
sarmer la haine de Polynice contre son frère , et le
réconcilier avec lui.

JOCASTE.

Mais quelle crainte encor peut vous inquiéter ?

Pourquoi si promptement voulez-vous nous quitter ?

Quoi t ce jour tout entier n’est-il pas de la trêve ?

Des qu’elle a commence', faut-il qu’elle s’achève?

Vous voyez qu’Etéocle a mis les armes bas ;

II veut que je vous voie , et vous ne voulez pas !

Antigone.

Oui, mon frère , il n’est pas, comme vous , inflexible j
Aux larmes de sa mère il a paru sensible.

Nos pleurs ont désarmé sa colère aujourd’hui.

Vous l’appelez cruel , vous l’êtes plus que lui.

HÉMON.

Seigneur, rien ne vous presse, et vous pouvez sans peine,
Lbisser agir encor la princesse et la reine :

Accordez tout ce jour à leur pressant désir.

Voyons si leur dessein ne pourra réussir.

Ne donnez pas la joie au prince votre frère
De dire que sans vous la paix pouvait se faire.

Vous aurez satisfait une mère , une sœur ,

Et vous aurez , sur-tout , satisfait votre honneur.

Mais que veut ce soldat ? son ame est toute émue.

un soldat, à Polymce.

Seigneur, on est aux mains et la trêve est rompue.

Créon et les Thébains, par ordre de leur roi,

Attaquent votre armée et violent leur foi.

Le brave Hippomédon s’efforce , en votre absence ,

De soutenir leur choc de toute sa puissance.

Par son ordre , seigneur , je viens vous avertir.

POLYNIÇE.

Ah ! les traîtres ! Allons, Hémon , il faut sortir.

(^A la reine. )

Madame, vous voyez comme il tient sa parole.

Mais il veut le combat, il m’attaque, et j’y vole.

JOCASTE.

Polynice! mon fils!... Mais il ne m’entend plus ;

Aussi bien que mes pleurs mes cris sont superflus.

■Chère Antigone, allez, courez à ce barbare.

D u moins, allez prier Hémon qu’il les sépare.

La force m’abandonne , et je n’y puis courir ;

Tout ce que je puis faire , hélas ! c’est de mourir.

Les Prêtes ennemis, acte II, scènes III et IV.
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