Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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( i°4 )

Planche soixante-dix-huitième. — Phèdre avoue à ÛEnone
son amour pour Hippolyte j Dessin de M. Girodet.

Phèdre aime Hippolyte, et n’osant avouer cet amour
adultère , traîne dans la douleur et dans les larmes une
vie languissante et malheureuse. (Enone ne pouvant
pénétrer la cause des tourmens secrets qui déchirent
1’épouse de Thésée, l’interroge et la presse de lui ou-
vrir son ame. Phèdre résiste long-temps à ses prières ;
mais enfin, vaincue par les supplications de sa nourrice,
qui embrasse ses genoux et les arrose de ses larmes ,
elle lui ordonne de se lever, et s’apprête à rompre le
silence. L’aveu est sur le bord de ses lèvres j mais une
invincible horreur la retient, et l’empêche de pro-
noncer le nom de celui qui lui cause un trouble si
funeste et si involontaire.

PHÈDRE.

Ciel ! que lui vais-je dire ? et par où commencer ?

(EN ON E.

Par de vaines frayeurs cessez de m’offenser.

PHÈDRE.

O tiaiue de Venus ! ô fatale colère !

Dans quels égaremens l’amour jeta ma mère !

Puisque Venus le veut, de ce sang déplorable ,

Je péris la dernière et la plus misérable.

GE N CRN E.

Aimez-vous ?

PHÈDRE.

De l’amour j’ai toute les fureurs.

CE N O N E.

Pour qui î

PHÈDRE.

Tu vas ouïr le comble des horreurs.
J’aime.... A ce nom fatal je tremble , je frissonne.
J’aime.

(E N o n E.

Qui ?

PHÈDRE.

Tu connais ce fils de l’Amazone,

Ce prince si long-temps par moi-même opprimé?

(F. N O N E.

Hippolyte ? grands dieux !

PHÈDRE.

C’est toi qui l’as nomme'.
Phèdre, acte Ier, scène III,
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