Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche quatre-vingt-deuxième.— Hermione reprochant
à Oreste la mort de Pyrrhus ; Dessin de M- Girodet.

Oreste vient apprendre à Hermione qu’elle est ven-
gée , et que Pyrrhus est tombé sous les coups de ses
soldats , aux pieds de l’autel même où il offrait une
main parjure à Andromaque.

IIERMlONE.

Qu’ont-ils fait ?

ORESTE.

Pardonnez à leur impalienre.

Ils ont, je le vois bien, trahi votre vengeance.

Vous vouliez que ma main portât les premiers coups;
Qu’il sentît en mourant qu’il expirait pour vous.

Mais c’est moi dont l’ardeur leur a servi d’exemple.

Je les ai pour vous seule entraînés dans le temple ,
Madame , et vous pouvez justement vous flatter
D’une mort que leurs bras n’ont fait qu’exécuter.

V ous seule avez poussé les coups....

HERMIONE.

Tais-toi , perfide,

Et n’impute qu’à toi ton lâche parricide.

Va faire chez les Grecs admirer ta fureur ;

Va, je la désavoue, et tu me fais horreur. '

Barbare, qu’as-tu fait! avec quelle furie
As-tu tranché le cours d’une si belle vie !

Avez-vous pu , cruels , l’immoler aujourd’hui
Sans que tout votre sang se soulevât pour lui ?

Mais parle. De son sort qui t’a rendu l’arbitre?

Pourquoi l’assassiner? qn’a-t-il fait? à quel titre?

Qui te l’a dit ?

ORES TE.

O dieux ! quoi ! ne m’avez-vous pas,

Vous-même , ici, tantôt, ordonné son trépas ?

HERMIONE.

Ah! fallait-il en croire une amante insensée?

?îe devais-tu pas lire au fond de ma pense'e ?

Et ne voyais-tu pas, dans mes emportemens,

Que mon cœur démentait ma bouche à tous momensî
Quand je l’aurais voulu, fallait-il y souscrire ?
iN’as-tu pas dû cent fois te le faire redire ?

Toi même avant le coup me venir consulter ?

Y revenir encore, ou plutôt m’éviter ?

Andromaque, acte V, scène III.
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