Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche quatre-vingt-troisième. — Aveu de Roxane à
Bajazet • Dessin de M. Gérard.

Pioxane offre la vie et le trône à Bajazet, que son
frère Amurat a condamné à périr ; elle lui demande
en retour son cœur et le titre d’épouse ; mais Bajazet
aime Atalide , il ne peut promettre à Roxane de l’ai-
mer ; et quand elle lui parle de l’hymen qui doit les
unir sur le trône, il lui oppose les lois de l’empire , et
la coutume religieusement suivie des empereurs otto-
mans , qui , parmi leurs esclaves , font choix d’une
maîtresse et jamais d’une épouse.

B a j a z et.

. . . Je vous dois tout ; ma vie est votre bien ;

Mais enfin, voulez-vous...?

ROXANE.

Non, je ne veux plus rien.

Me m’importune plus de tes raisons forcées;

Je vois combien tes vœux sont loin de mes pensées;

Je ne te presse plus, ingrat, d’y consentir;

Rentre dans le néant dont je t’ai fait sortir.

Car enfin, qui m’arrête? Et quelle autre assurance
Demanderais-je encor de son indifférence ?

L’ingrat est-il touché de mes empressemens ?

L’amour même entre-t-il dans ses raisonnemens?

Ab ! je vois tes desseins. Tu crois , quoique je fasse ,

Que mes propres périls t’assurent de ta grâce ,

Qu’engagée avec toi par de si forts liens,

Je ne puis séparer tes intérêts des miens.

Mais je m’assure encore aux bontés de ton frère ;

Il m’aime, tu le sais; et, malgré sa colère,

Dans ton perfide sang je puis tout expier,

Et ta mort suffira pour me justifier.

N’en doute point, j’y cours, et dès ce moment même. . ..
Bajazet, écoutez, je sens que je vous aime.

Vous vous perdez. Gardez de me laisser sortir.

Le chemin est encore ouvert au repentir.

Ne désespérez point une amante en furie.

S’il m’échappait un mot, c’est fait de votre vie.

Bajazet, acte II , scène Ir<?.
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