Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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( III )

Planche quatre-vingt-cinquième. — Adieux de Titus et
de Bérénice ; Dessin de M. Sérangéli.

Titus, avant de se séparer pour jamais de Bérénice,
veut avoir un dernier entretien avec elle. Il veut, pour
la dernière fois , l’assurer de son amour et lui témoi-
gner toute la douleur que lui cause cette cruelle sé-
paration; il veut en même temps se justifier à ses
veux d’une cruauté qui lui coûte à lui-même le bon-
heur. Bérénice ne veut rien entendre. Titus cherche
à la retenir encore quelques instans ; elle veut partir
de suite, et fuir loin d’un amant qu’elle adore et
qui l’abandonne. Titus lui jure que jamais il ne l'a
aimée avec plus de tendresse.

BÉRÉNICE.

.Vous m’aimez, vous me le soutenez,

Et cependant je pars et vous me l’ordonnez !

Quoi ! dans mon désespoir trouvez-vous tant de charmes?

Craignez-vous que mes yeux versent trop peu de larmes?

Que me sert de ce cœur l’inutile retour?

Ah ! cruel ! par pitié', monfrez-moi moins d’amour.

Ne me rappelez point une trop chère idée;

Et laissez-moi du moins partir persuadée

Que, déjà de votre amc exilée en secret,

J’abandonne un ingrat qui me perd sans regret.

( Titus lit une lettre. )

Vous m’avez arraché ce que je viens d’écrire,

Voilà de votre amour tout ce que je desire.

Lisez, ingrat, lisez, et me laissez sortir.

TITUS.

Vous ne sortirez point, je n’y puis consentir.

Quoi ! ce départ n’est donc qu’un cruel stratagème?

Vous cherchez à mourir, et de tout ce que j’aime,

II ne restera plus qu’un triste souvenir?

Qu’on cherche Antiochus, qu’on le fasse venir.

( Bérénice se laisse tomber sur un siège.)

Bérénice, acte V, scène V.

Ire Coll. T. Comp. <2j
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