Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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C 11a )

Planche quatre-vingt-sixième. — Gallus, églogue X de
Virgile ; Dessin de M. Gérard.

Galliis , abandonné par Lycoris , songe à fuir au sein
de la retraite , pour oublier l’ingrate qui l’a trahi ;
mais il ne peut la bannir encore de son souvenir, et
il forme malgré lui des vœux pour l’infidèle. Honteux
de son amour, il veut , pour s’en guérir , se livrer
tout entier au commerce des muses , se retirer au
milieu de forêts , grav r des monts inaccessibles , et
déclarer la guerre aux sauvages habitans des bois.

Quelquefois, compagnon des nymphes du Me'nale,

J’irai voir son sommet. Dès l’aube matinale ,

Malgré l’hiver, au fond des plus sombres hallier*,

Je livrerai la guerre aux fougueux sangliers;

Je ceindrai les forêts de meutes aboyantes :

Déjà j’entends leurs cris sur les roches bruyantes;

Hâtons-nous ; de son fort t’animai est lancé;

Je cours, mon arc frémit, le trait vole. Insensé !

Comme si ta fureur n’était pas incurable !

Crois-tu donc que ce dieu terrible, inexorable,

Sur les maux des mortels apprenne à s’attendrir?

Adieu nymphes; ces jeux que vous venez m’offrir,

Ces bois , tout m’importune ; et toi-même, ô ma lyre,

Tu n’as plus le pouvoir de calmer mon délire !

Quand de l’Hèbre glacé j’irais boire les eaux,

Quand du noir Africain conduisant les troupeaux,

J’irais sous le cancer , où la vigne épuisée
Demande en vain sa sève à la terre embrasée;

Par-tout, au fond du nord et sous les feux du jour,

D’Amour règne ; cédons quand tout cède à l’Amour.

v Traduction des Eglogucs de Virgile,
par M. Firmin Didot.

Ou retrouve avec plaisir dans ces vers de la tra-
duction , l’harmonie et plusieurs des traits heureux
de l’original.
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