Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche quatre-vingt-treizième. — Le Laboureur écra-
sant un serpent ; Dessin de M. Gérard.

D ans les préceptes que Virgile donne aux ïiabitans
de la campagne , pour l’entretien et la prospérité de
leurs troupeaux, il leur recommande d’écarter avec
soin tout ce qui pourrait leur nuire:

Sur-tout que le bercail soit purge' de serpens ;

Poursuis, la flamme en main, tous ces hôtes rampant
Quelquefois sous la crèche une affreuse vipère
Loin du jour importun a choisi son repaire,

Et souvent la couleuvre y roulant ses anneaux ,

Domestique ennemie, infecte tes troupeaux.

Dès que tu la verras s’agiter sur la terre,

Va , cours , soulève un tronc , saisis-toi d’une pierre |

Malgré ses sifflemeus , maigre' son fier courroux,

Frappe ; déjà sa tête est cache'e à tes coups ,

Tandis que de son corps déchire sur l’arêne
Les cercles déroulés la suivent avec peine.

Plus terrible cent fois , ce serpent écaille',

Qui rampe fièrement sur son ventre émaillé,

Qui dressant dans les airs une crête superbe ,

Glissé assis sur sa croupe, et se roule sur l’herbe $

Quand le printemps humide et l’autan orageux
Gonflent les noirs torrens , mouillent les champs fangeux j
Il habite des lacs les retraites profondes ,

Engloutit les poissons et dépeuple les ondes.

L’été fend-il les champs , a-t-il tari les eaux ?

Furieux , il bondit du fond de ses roseaux ,

Et les yeux enflammés et la gueule béante ,

De sa queue à grand bruit bat la terre brûlante.

Me préservent les.dieux d’aller dans les forêts
Goûter le doux sommeil ou respirer le frais,

Lorsque oubliant ses œufs ou sa jeune famille ,

Ce monstre, enorgueilli de l’éclat dont il brille,

Sous sa nouvelle peau , jeune , agile et vermeil,

Darde uue triple langue et s’étale au soleil.

Troisième livre de la traduction des Géorgiques ,
par Deiille.

Ire Coll. T. Comp.
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