Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 17.1809 [Cigognara Nr. 3401-17]

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Planche quatre-vingt-quatorzième. — Cerés enseignant
l'agriculture aux hommes ■ Dessin de M. Gérard.

Virgile suppose que les hommes se nourrirent d’a-
bord du gland des forêts , et que cet aliment grossier
commençant à leur manquer , une déesse leur apprit
à cultiver la terre et à la rendre féconde.

Quand Dodone aux mortels refusa leur pâture ,

Gérés vint des guérêts leur montrer la culture ;

De ces nouveaux bienfaits sont nés des soins nouveaux ;

La rouille vient ronger le fruit de nos travaux $

La ronce naît en foule et les épis périssent;

D'arbustes épineux les sillons se hérissent ,

Et Gérés, à côté de ses plus riches dons ,

Voit triompher l’ivraie et régner les chardons.

Mais les momens sont chers , hâte-foi de connaître
Ce qui doit composer ton arsenal champêtre.

D’abord on forge un soc , on taille des traîneaux ;

De leurs ongles de fer on arme les rateaux ;

On entrelace en claie un arbuste docile ,

Le van chasse des grains une paille inutile ;

Le madrier pesant te sert à les fouler ,

Et des chars au besoin seront prêts à rouler.

Sans tous ces instrumens il n’est point de culture.

De la charrue , enfin , dessinons la structure :

D’abord il faut choisir pour en former le corps ,

Un ormeau que l’on courbe avec de long efforts.

Le joug qui t’asservit ton robuste attelage.

Le manche qui conduit le champêtre équipage ,

Pour soulager ta main et le front de tes bœufs,

D u bois le plus léger seront formés tous deux.

Le fer, dont le tranchant dans la terré se plonge ,

S’enchâsse entre deux coins d’où sa pointe s’alonge.

Aux deux côtés du soc de larges oreillons
En écartant la terre exhaussent les sillons ;

De huit pieds en avant que le timon s’étende ;

Sur deux orbes rouirais que ta main le suspende ;

Et qu’en fin tous ce bois , éprouvé par les feux,

Se durcisse à loisir sur ton foyer fumeux.

Livre premier de la traduction des Géorgiques
par Delilie.
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