Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.Coll..1821

Seite: 41
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1821/0065
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 41 )

Planche 18.e — La Présentation de Jésus au Temple;
tableau de Luca Giordano.

Nous avons dit, en paidant de Luca Giordano, que
ce peintre, doue’ dune imagination brillante, et sur-tout
d’une prodigieuse facilite de pinceau, avait abandonne
la manière peu gracieuse, mais grande et forte, de Ri-
bera, son premier maître, pour le style sseuri, mais in-
correct , de Pietre de Cortone. Un changement aussi subit
est d’autant plus surprenant, que Luca Giordano avait
étudié à Florence les ouvrages de Michel-Ange et ceux
d’Andrea del Sarto; il se vantait même d’avoir dessiné
douze fois les chambrés et les loges du Vatican , et vingt
fois la Bataille de Constantin, d’après Raphaël : mais ce
peintre, qui semblait né plutôt pour relever l’école napo-
litaine que pour en hâter la décadence, comme il l’a fait
réellement par les exemples qu’il donna à ses élèves,' était
sans doute excité par le désir de produire un grand
nombre d’ouvrages, et non par l’amour de la perfection ;
plus sensible peut-être au gain et à l’attrait d’une répu-
tation prématurée, qu’à une gloire solide et aux éloges
de la postérité. Le nombre des tableaux qu’il a peints
dans plusieurs villes d’Italie et d’Espagne, est prodi-
gieux : sa fortune devint immense; mais il sut en faire
un usage honorable; il se montra généreux envers ses
élèves, auxquels il était fort attaché, et peignit gratuite-
ment pour plusieurs églises des tableaux d’autel et même
des coupoles. Lorsqu’il était en Espagne, son humeur
vive et ses reparties spirituelles amusaient toute la cour.
La reine, lui demandant un jour des nouvelles de sa
4. //.' Coll. 6
loading ...