Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.Coll..1821

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Planche 27.e— Adam et Eve chassés du Paradis
terrestre ; tableau de Giuseppe Porta.

Des attitudes singulières, des mouveraens forces, un
dessin soutenu, mais manière , une expression commune,
tels sont les defauts les plus frappans de ce tableau, où
l’artiste a cru mettre peut-être de la vigueur, du pathé-
tique, de la grâce, de la dignité. Tout défectueux qu’il
peut être sous tant de rapports, ce morceau n’est ce-
pendant pas dénué tout-à-fait de mérite; on y trouve
un peu de ce grandiose qui distingue assez généralement
les productions de l’école ssorentine. De plus, il est ferme
de ton et d’effet, et touché franchement. Les figuressont
de grande proportion. Le Musée ne possède pas d’autre
tableau de Giuseppe Porta, qu’il ne faudrait pas juger
sur cette seule production.

Ce peintre, né à Garfagnana en 1520, joignit à son
nom celui de Francesco Salviati, de Florence, qui lui
avait donné à Rome les premières leçons de dessin. Il
vint avec son maître à Venise, où ce dernier peignit,
dans le palais du patriarche Grimani, ce fameux tableau
de Psyché, qui toutefois était accompagné de deux mor-
ceaux de la main de Porta. Francesco Salviati quitta
bientôt cette ville; mais la raison qu’en donne Vasari,
savoir, que ce pays n’est pas favorable aux grands des-
sinateurs , marque plus d’aigreur que de justice. Les
succès de Porta, qui s’établit à Venise et y mourut,
prouvent assez le contraire. Quoique élevé , pour le
dessin, dans le style de l’école ssorentine, il s’attacha
au coloris des peintres vénitiens, et sut se rendre agréable
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