Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.Coll..1821

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( 7i }

Planche 33.e — Le Christ ressuscité apparaît à la
Madeleine ; tableau du Pérugin,

L’auteur de ce tableau, que quelques personnes at-
tribuent à Mariotto Aïbertinelli, y a représente" deux
actions qui n’ont pu avoir heu dans le même temps. En
effet, on voit sur le premier plan Notre-Seigneur res-
suscite" apparaissant à la Madeleine, et, sur un plan plus
éloigné", Jésus sortant du tombeau et s’élevant dans les
airs.

Ce petit tableau, qui faisait partie de l’ancienne col-
lection du Roi, a tout au plus vingt pouces de hauteur. 11
est clair d’effet, léger de coloris ; la touche en est soigne"e ,
mais un peu sèche : on trouve de la finesse dans le ca-
ractère des têtes, un bon style dans le jet des draperies ;
mais le premier aspect rappelle une production des pre-
miers temps de l’école romaine. Alors on n’avait encore
aucune idée de cette combinaison ingénieuse des ombres
et des lumières qui constitue le clair-obscur.

Nous avons déjà donné une notice sur le Pérugin,
dont le titre le plus glorieux est sans contredit d’avoir
été le maître de Raphaël. Ses ouvrages ne sont cepen-
dant pas dénués de mérite et même d’agrément : il est
quelquefois sec et dur ; mais il a cela de commun avec
les artistes de son temps. Quelquefois aussi il paraît
mesquin dans ses draperies, et l’on y désirerait plus
d’ampleur : mais il rachète ces défauts par la grâce des
têtes, sur-tout celles d’enfans et de femmes, où il a sur-
passé tous les peintres ses contemporains par la naïveté
des mouvemens et la netteté du coloris.
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