Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.Coll..1821

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Le Pérugin, que l’on regarde communément comme
un des plus anciens maîtres de l’école romaine, avait eu
un grand nombre de prédécesseurs; ies historiens en
citent environ quarante, et font remonter l’origine de
cette école au xilc siècle. A leur tête est Luca Santo,
auquel on attribue un tableau de la Vierge à Sainte-
Marie-Majeure, et beaucoup d’autres, soit à Rome, soit
aux environs, que l’on disait avoir été peints par S. Luc.
Cette opinion , toute vulgaire, est démentie par le silence
seul des anciens historiens; de plus, il est reconnu que
dans les premiers temps du christianisme on représentait
toujours la Vierge seule, et jamais avec l’Enfant Jésus ,
comme l’attestent divers morceaux qui existent encore à
Bologne, à Rome et à Velletri : mais il est certain qu’il
y eut au xil.e siècle un peintre nommé Luca Santo, qui,
selon toute apparence, est l’auteur des tableaux en ques-
tion. On lit dans un ouvrage imprimé en Italie, sous le
titre deDelicice eruditorum, par GioLami, un passage
dont voici la traduction littérale : «II y eut un peintre,
» vrai serviteur de Dieu, menant une sainte vie, et de
v notre pays ssorentin; son nom était Luca, et il était
» surnommé le Saint. » Une simple ressemblance de
nom a donc causé l’erreur de beaucoup de personnes
qui croient que l’évangéliste S. Luc avait cultivé la
peinture.
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