Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.Coll..1821

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Planche 52.e — La Vierge sur son trône; tableau de
Cimabue.

La Vierge tient sur ses genoux l’Enfant Jésus; elle
est assise sur un trône : trois anges sont places de chaque
côte, poses symétriquement l’un au-dessus de l’autre et
à une égalé distance. Selon l’usage du temps, la bor-
dure fait partie du tableau; des ornemens imprimes et
colories la décorent, et accompagnent vingt-six mé-
daillons, sur lesquels le peintre a représente" des bien-
heureux et des apôtres.

Giovanni Cimabue Gualtieri, d’une noble famille de
Florence, était destine" à rétablir en Italie l’art de la pein-
ture, que de longues guerres en avaient banni ; il naquit
en 1240, dans le temps même des plus grands désordres
dont ce pays ait jamais été" affligé. Comme Cimabue" est
le premier des peintres qui ont remis leur art en vigueur,
on peut avec raison le nommer le maître de tous ceux
qui ont paru depuis cette époque. Il fit paraître de très-
bonne heure beaucoup plus de dispositions pour les arts
que pour les lettres , à l’étude desquelles ses parens vou-
laient d’abord qu’il se consacrât. II dérobait les heures
de ses leçons pour aller voir travailler quelques peintres
grossiers et ignorans que les Florentins avaient fait venir
de Grèce, et qui peignaient à Santa-Maria-Novella la
chapelle de l’illustre famille de Gondi. Ses parens, ayant
enfin reconnu le grand amour qu’il avait pour la pein-
ture, lui permirent de suivre son inclination. Cet art,
qui était alors fort imparfait, reçut de lui un lustre qui
excita l’admiration générale ; et quoique ses ouvrages
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