Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.Coll..1821

Seite: 98
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1821/0156
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
fussent bien éloignés de la perfection qui distingue ceux
de ses successeurs, ils parurent si beaux en comparai-
son de ceux qu'on voyait dans ce temps-ià, que l’auteur
reçut des témoignages non équivoques de la satisfaction
publique dans plus d’une circonstance, et notamment
à l’occasion d’un tableau qui, pour la proportion et la
composition , a beaucoup de rapport avec celui dont
nous donnons ici la gravure. Vasari raconte que Charles
d’Anjou, roi de Sicile et frère de S. Louis, ayant ete
nomme, par le pape Clément IV, lieutenant général
de l’Empire en Italie, se rendit à Florence pour sou-
tenir le parti des Guelses contre les Gibelins de la Tos-
cane : au milieu des fêtes qu’on lui donna, ii fut conduit
avec un brillant cortège hors de la porte Saint-Pierre,
dans la maison de Cimabué. Le tableau n’était pas en-
core terminé; mais la nouveauté du spectacle, la pro-
portion gigantesque de la sigure de la Vierge, et l’amé-
lioration du style, qui déjà tendait à s’éloigner de la
manière sèche et mesquine des peintres grecs dont
Cimabué était élève, srappèrent également tous les esprits.
Selon d’anciens mémoires , d’après lesquels écrit Vasari,
le concours fut si nombreux, la fête si gaie et si bril-
lante , qu’on appela le canton de la maison de Cimabué
il Bôrgo allegri [le Bourg joyeux], nom qu’il conserva
depuis , lorsqu’il fut enferméclans la nouvelle enceinte de
Florence. Quand le tableau fut terminé, le peuple alla
le prendre en grande cérémonie, le porta au son des
instrumens à l’église de Santa-Maria-Nov ella, le lit pla-
cer entre la chapelle de Ruccellai et celle de’ Bardi da
Vernia, récompensa noblement le peintre , et lui donna
après sa mort une sépulture honorable à Santa-Mana
del Flore.
loading ...