Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 2.Coll..1821

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l’intérieur de la sacristie; mais, ce couvent ayant été
supprime, on le porta dans l’eglise de Saint - Nicolas,
où il sut place près du maître-autel. Le nom du peintre
est écrit sur la partie inferieure de la bordure, Opus
Jocti Florentini ; et sur les côtes on a représenté les
armes du donateur.

Les Pisans, charmés de la beauté de ce tableau, char-
gèrent le Giotto de peindre une des façades intérieures
du Campo-Santo, célèbre édifice de leur ville, élevé à
cette époque sur les dessins de Giovanni da Pisa.

On a dit que, si le Cimabué fut le Michel-Ange de son
siècle, le Giotto en fut le Raphaël; et ce ne fut qu’un
siècle après lui que Masaccio vint prouver que le Giotto
était encore loin de la perfection. Au surplus, quelques
éloges que ce peintre ait reçus des historiens de son temps
et de quelques-uns de ceux qui sont venus après eux,
il y aurait beaucoup à en rabattre, si l’on ne considérait
qu’à l’époque où parut le Giotto, l’art ne faisait que de
commencer à renaître; car il serait absurde de vouloir
établir aucune comparaison entre les productions de
Cimabué et celles de Michel-Ange, comme entre les
tableaux du Giotto et ceux de Raphaël. Ce n’est guère
qu’au xv.e siècle que les ouvrages de l’art ont réuni en
assez grand nombre les beautés qui constituent ia per-
fection , pour mériter d’étre distingués de cette multi-
tude d’essais en tout genre, que l’on regarderait à peine
aujourd’hui, et dont l’ancienneté seule fait le mérite,
puisqu’on ne peut pas même dire qu’ils aient celui
d’avoir été créés sans modèle; car les peintres des xm.e
et xiv.e siècles dont nous venons de parler, avaient été
formés par d’autres peintres : ils les ont surpassés par la
vivacité de leur génie, comme d’autres à leur tour ont
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