Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome premier.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-1]

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FRAGONÀRD, peintre.

Jean-Honoré Fragonard, lié à Grasse en Pro-
vence, vint très-jeune à Paris, et entra dans l’école
de Bouclier, dont il est resté le dernier élève. Il avait
près de vingt ans lorsqu’il remporta le grand prix. Il
partit pour Rome , et y passa quelques années. A
son retour, il continua de s’appliquer à la peinture
d’histoire, et fut agréé à l’académie en 1765, sur un
tableau de douze pieds environ, représentant le grand-
prêtre Corésus qui s’immole pour sauver la jeune
Callirhoé. Cet ouvrage, accueilli avec enthousiasme,
justisiait les éloges du public par la chaleur de la
composition et l’entente de l'effet. C’est le seul ta-
bleau que nous connaissions du même artiste avec des
figures de grandeur naturelle : il a été placé au musée
deVersailles. Cette production, où l’on trouve moins de
correction que de goût, est d’un style et d’un caractère
de dessin très-supérieur à ce qu’on était en droit d’at-
tendre d’un élève de Bouclier. Si Fragonard, doué
d’une imagination vive et d’une grande facilité d’exé-
cution , eût suivi dans la route qu’il avait adoptée,
il fût parvenu, sans doute, à agrandir et à simplifier
sa manière. Mais il abandonna les compositions nobles
et les études sérieuses pour se vouer à des sujets d’un
ordre inférieur, destinés seulement à faire briller la lé-
gèreté d’invention, le jeu piquant des ombres et des
lumières, et la grâce d’une touche fine et spirituelle.
Fragonard posséda tous ces dons brillans -, mais comme
ils n’étaient pas soutenus par un fond d’instruction
solide, ses ouvrages n’ont joui que d’une célébrité pas-
sagère. Ceux que l’on cite de préférence, savoir, la
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