Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome premier.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-1]

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« eut pour sa personne à son arrivée; il voulut par-
« tir sur-le-champ ; mais le prince, instruit de sa
« résolution, trouva le moyen de concilier les usages
« avec le besoin de retenir l’homme célèbre qu’il
«> avait appelé. Il lui fit donner un brevet qui le
« rapprocha de sa personne et le mit de pair avec
« ses courtisans.

« Ses projets terminés, il les présenta au prince,

« qui lui demanda de les réduire, les trouvant trop
« magnifiques et trop chers pour lui. Je ne changerai
« rien à mes plans, répondit Ledoux; je vois que
« votre altesse n’est pas assez riche pour avoir un
« architecte tel que moi , et il partit.

*< Difficile sur les productions de ses consrères,
« Ledoux savait apprécier celles qui portaient l’em-
« preinte du génie et s’écartaient de la routine.

<■ C’est sur-tout sur les monumens publics qu’il
« était sévère. Il ne pardonnait pas les mesquineries ;
« il voulait que les masses fussent toujours grandes,
« et plus imposantes par leurs dispositions que par la
« recherche abusive des détails.

« Un de ses^-confrères, homme de mérite, le féli-
« citait d’avoir eu de fréquentes occasions de saire
t< de grandes choses : « Je n’en avais pas plus qu’un
« autre , répondait Ledoux ; mais lorsqu’on m’en con-
« fiait de petites, je savais les moyens de les rendre
« grandes. Nulle occasion n’est féconde pour l’homme
« stérile, l’homme ordinaire la rapetisse ; l’homme de
•< génie sait l’agrandir. »

« Il pensait, comme Cassiodore , que les. grands
« monumens sont la noble image de la puissance des
« empires, et attestent la grandeur et la gloire des
« monarques. »
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