Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome premier.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-1]

Seite: 16
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SU VÉE, PEINTRE.

Jea?c-Baptiste Suvée, né à Bruges, reçut dans
l’académie de cette ville les premiers principes de
l’art. A l’âge de vingt ans, il se rendit à Paris , et
suivit les écoles publiques sous la direction de Bache-
lier , peintre du roi. Après huit années d’études , il
remporta le grand prix, et partit pour Rome , où il
travailla avec une application extraordinaire. De re-
tour à Paris, il fut reçu membre de l’Académie royale
de peinture et sculpture, en 1780, et peu de temps
après nommé prosesseur. Dessinateur exact, savant
en anatomie et en perspective, il se distingua par
la sagesse de ses leçons, et contribua à ramener dans
l’école l’étude simple de la nature.

Suvée n’eut point ce génie ardent, cette verve poé-
tique, qui caractérisent les peintres du premier ordre;
il ne put acquérir cette fraîcheur, cette vérité de
coloris , qui relèvent les sujets les plus communs et
donnent du prix aux tableaux les plus insignifians.
Aussi, malgré la justesse de la pensée , la bonne
disposition des sigures , la correction du dessin ,
la fidélité du costume , malgré cette harmonie et
cette intelligence du clair - obscur qu’on ne peut
lui refuser , ses productions semblent froides et
languissantes ; on 11’y trouve presque rien qui
puisse éveiller ou émouvoir le spectateur. Au reste,
Suvée posséda tout ce qu’on peut obtenir par l’étude
et par un travail opinicâtre. Arrivé à Paris à une
époque où l’école française 11e s’était point encore
relevée de l’état de décadence où l’avaient plongé
les Natoire, les Lemoine, les Boucher, et tant d’îutres
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