Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome premier.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-1]

Seite: 25
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et d’obtenir une réputation précoce, il ne chercha point
à réprimer ce besoin ambitieux de montrer chaque
jour un nouvel ouvrage, et ne put s’attacher à terminer
disficilement quelques-uns de ceux qu’il avait créés
«ans peine. Robert est d’autant moins excusable de
s’être abandonné il la fougue de sa verve et de son
pinceau, qu’il a laissé quelques tableaux soignés, in-
finiment supérieurs aux autres, et qui prouvent que
son talent n’était pas aussi superficiel qu’il a donné
lieu de le croire. En effet, à bien considérer ses ou-
vrages , on y trouve en général des idées neuves, un
choix agréable de lignes grandioses et pittoresques
un esset piquant, un ton local juste , fin et varié. Quant
à son paysage, quoique les masses en soient larges et
bien entendues , il n’est le plus souvent que l’acces-
soire de ses compositions : ses figures en sont la partie
la plus saible, et dans ce genre il ne s’est guère élevé
au-dessus des croquis de Boucher , dont il rappelle les
caractères , le dessin et la touche.

Au plus fort de la tourmente révolutionnaire, Robert
fut proscrit et privé de sa liberté; mais l’attente du
sort le plus affreux ne put lui ôter l’amour irrésistible
de ses occupations accoutumées. Privé de la plupart des
objets nécessaires à l’exercice de son art, il sut y
approprier ceux de l’usage le plus commun (i), et
éloigner par un travail assidu l’image des dangers dont
il était environné.

Reçu, en 1767, membre de l’Accadémie royale de
peinture et sculpture, dont il fut depuis conseiller,
il est mort dans sa soixante - quinzième année, le
14 août 1808.

(1) Il a peint , dans sa prison , plusieurs tableaux à l’huile sur
des assiettes.
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