Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome premier.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-1]

Seite: 51
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( 5i )

Planche dix-neuvième. — Les Marchands d'Esclaves ;
esquisse peinte par M. Guérin.

A l’entrée d’une ville maritime, un marchand d’es-
claves tient par le bras une jeune fille qu’il est prêt à
livrer Elle est à genoux , appuyée sur ceux de son père ,
et plongéedans laplusvive douleur.Le vieillard, quine
peut la sauver , et captis lui-même , la serre dans ses
bras et lève les yeux vers le ciel, dont il implore la
pitié. La mère de la jeune esclave tombe aux pieds du
maître, et le conjure de ne pas séparer trois malheu-
reux qu’unissent les liens du sang. Vaines prières!
le barbare ouvre déjà la main pour recevoir le prix
de sa captive. Plus loin deux amans chargés de
chaînes , et prêts à subir le même sort , oublient
un instant leurs propres douleurs pour plaindre leurs
compagnons d’infortune.

Ce tableau, ayant environ 10 pouces de hauteur,
est considéré comme une esquisse par sa dimension
et par la vivacité de la touche. C’est le fruit de quelques
momens de loisir. M. Guérin le composa dans l’inter-
valle qu’il a mis entre son tableau de Marcus Sextus
et celui d’Hippolyte. Il ne fait pas partie de l’exposition.

Les deux Marchands d’Esclaves portent dans tous
leurs traits ce qui caractérise ces hommes impitoya-
bles : l’attitude de la mère est pleine d’expression et
de noblesse : le groupe du vieillard et de sa fille , sans
être une réminiscence de celui de Marcus Sextus, en
rappelle néanmoins la pensée , mais personne n’est
tenté d’en faire un reproche à l’artiste.
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