Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome premier.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-1]

Seite: 78
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un beau mouvement de composition. Les groupes se-
condaires abondent en détails pleins d’intérêt. Lorsque
l’on considère cette peinture dans son ensemble, on
éprouve malgré soi un sentiment pénible, causé tout-
ù-la-fois par ce spectacle de douleurs, et parla teinte
sombre et triste que répand autour des objets un ciel
âpre et nébuleux.

Les caractères en général sont vivement sentis et
sortement exprimés. La figure de l’empereur, dont
les traits sont rendus avec beaucoup de vérité, se
distingue par une expression touchante de sollicitude
et d’humanité héroïques.

La nécessité de se munir de vêtemens sourrés dans
une saison et dans un climat rigoureux a fourni au
peintre le moyen de varier le costume de ses prin-
cipaux personnages. On dit qu’il a même eu l’at-
tention de rappeler la forme et la couleur des habits
que chacun d’eux portait en cette circonstance.

Les chevaux sont parfaitement dessinés, ardens, pleins
de vie, et de l’espèce la plus noble et la plus brillante.

Si nous nous permettions de faire un reproche à
l’auteur de ce bel ouvrage, ce serait d’avoir adopté,
pour les figures du premier plan, une proportion
colossale. L’aspect en est d’abord peu favorable, et
l’œil a besoin de s’y accoutumer. Ce tableau s’accor-
derait difficilement avec ceux du même genre, qui
pourraient être destinés à décorer le même édifice-
Le disparate serait d’autant plus frappant, que les
peintures n’y peuvent être vues à une aussi grande
distance que le sont ordinairement les tableaux d’au-
tel, les voûtes ou les coupoles ; seules compositions
où l'on puisse dépasser à ce point les proportions ordi-
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