Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome premier.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-1]

Seite: 79
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naires. En prenant ce parti, qui d’ailleurs exige une
très-grande habileté et que redouterait tout autre ar-
tiste moins assuré de son pinceau, M. Gros a sans
doute voulu se ménager le moyen de représenter de
grandeur naturelle la personne de l’empereur, placée
sur le second plan : mais , nous ne croyons pas qu’il y
ait, de ce deuxième plan au premier , un éloignement
assez considérable pour motiver les dimensions exa-
gérées des figures du devant.

Quoi qu’il en soit de notre observation, le tableau
du champ de bataille d’Eylau est exécuté avec cette
fierté de touche , cette vigueur de coloris , et sur-
tout avec ce nerf et cette originalité d’expression qui
caractérisent l’admirable talent dont M. Gros a fait
preuve aux expositions précédentes. On se rappelle
toujours avec un vif intérêt le tableau de l’Hôpital
militaire de Jassa, et celui de la Bataille d’Aboukir :
ce dernier peut être considéré comme le plus bel ou-
vrage de l’artiste, et l’un des plus recommandables
de l’école française.

s

Outre le portrait de S. M. le roi de Westphalie,
M. Gros en a exposé deux autres dont le premier repré-
sente en pied M. le général Lasalle au moment où
on lui apporte les clefs de la ville de Stetin. C’est
un morceau du premier mérite (i). L’autre portrait,
peint à mi-corps , est celui d’un musicien. L’exécu-
tion en est brillante ; mais les proportions en sont
beaucoup plus fortes que celles du modèlô , et
nuisent à la vérité et à la simplicité, premières qua-
lités des ouvrages de ce genre.

(i) Nous en inse'rons le trait dans ce volume, page 106.
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