Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome premier.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-1]

Seite: 84
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Le ton de la lumière, cependant, n’est peut-être point
assez doré pour un eflet de lampe ; si l’on ne con-
naissait pas à la projection des ombres qu’elle part
du foyer étroit d’une lampe cachée par le chapeau
du jeune villageois assis et vu de dos, on pourrait
croire que la scène est éclairée par les rayons du
soleil.

Il est très-vraisemblable que si M. Menjaud , qui
d’ailleurs a produit en public des tableaux d’un genre
relevé, adoptait des sujets analogues à celui du tablean
que nous présentons ici, cet artiste ne tarderait pas à
rappeler parmi nous une partie des succès de l’école
flamande. Il les soutiendrait par un goût de dessin plus
pur , par un meilleur style que celui qui caractérise en
général les ouvrages de cette école, et il pourrait en-
richir la nôtre, où l’on ne remarque point encore une
assez grande variété de genres.

Lorque l’on considère ( nous le disons sans en saire
l’application à l’estimable artiste que nous venons de
citer) lorsque l’on considère d’un côté le grand nombre
de peintres dont les ouvrages se multiplient à chaque
exposition , de l’autre la rareté des travaux importans,
ne serait-il pas à desirer que plusieurs d’entre eux
sachant mesurer leurs sorces, eussent le courage de se
renfermer dans une carrière moins ambitieuse? plus
d’une route y mène encore à un but honorable et utile.
Mais quelle gloire y a-t-il à se tramer péniblement sur
les traces d’émules que l’on ne peut atteindre? S’y
obstiner sans fruit, c’est se condamner gratuitement
à une humble insériorité-, c’est vouloir ajouter, par
de continuelles défaites , au triomphe de ses rivaux.
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