Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome premier.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-1]

Seite: 88
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tateurs. Les teintes fières, telles que le jaune et le
rouge, sont peut-être trop multipliées dans ce ta-
bleau, ou plutôt sont l'approchées les unes des autres
sans l’intermédiaire des teintes suaves et amies de
l’œil qui seules peuvent les accorder et en tempérer
la trop grande vivacité. Mais il nous a semblé que
nombre de censeurs , justement sévères sur ce point,
ne se sont point montrés assez équitables sur les autres.
Ils ont vu le défaut de l’ouvrage et ont paru mécon-
naître les beautés qui peuvent le compenser. Pour en
apprécier le mérite, il suffit de jeter un coup-d’œil sur
la planche qui en offre le trait. Dépouillé de l’artisice
du clair obscur et du charme de la couleur, un trait
exact où se reproduisent avec la plus grande simplicité
la pensée de l’artiste, le caractère de son style, la pureté
de ses contours, la netteté de ses plans, n’est-il pas pour
les peintres d’histoire la pierre de touche du vrai talen t ?
Et ne peut-on pas dire que leurs ouvrages seront d’au-
tant plus dignes d’étre conservés qu’ils subiront cette
épreuve avec plus de succès (i) ?

(l) C’est à-peu-près ainsi que pour juger de la propriété' de
l’expression et de la justesse des pensées dans un morceau de poé-
sie, on essaie de le dépouiller du charme des inversions et du
rliytlime , et de le réduire en prose.

On pourrait ajouter que la gravure au trait est à la peinture
ce qu’est une traduction littérale à l’ouvrage original. C’est pour
cette raison qu’un tableau , dont le sujet est insignisiant, dont la
pensée est fausse ou commune, l’expression triviale, ou le dessin
de mauvais goût , ne supporte pas la gravure au trait.
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