Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome premier.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-1]

Seite: 91
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Planche cinquantième et cinquante-unième. — Orphée
aux ensers. Tableau, par Madame Mongez.

Pluton et Proserpine sont assis sur leur trône. Près
d’eux on voit d’un côté, Minos, la main élevée au-dessus
de l’urne satale, Caron, Eaque etRadamanthe; de l’autre
les trois Parques, qui pour un moment ont suspendu
leurs travaux. Orphée, guidé par l’Amour, dont les
doigts légers secondent les accords de sa.lyre, tâche
de fléchir le souverain de ce terrible séjour. Pluton
paraît vaincu par le charme de la mélodie : Euridice,
qu’on aperçoit au loin, accompagnée de Mercure, va
être rendue à son époux.

On compterait à peine dans les écoles étrangères,
depuis leur origine jusqu’à nos jours, douze femmes
qui se soient fait un nom dans la peinture ; mais
depuis quelques années, par l’effet d’un changement
subit dans l’éducation, les femmes ont revendiqué leurs
droits à la culture des arts , et plusieurs d’entre
elles se sont montrées dignes de rivaliser avec ceux
même qui voulaient leur interdire ce genre dé gloire.
Dans cette seule année, cinquante dames françaises
ont contribué en divers genres à l’ornement du Salon.
Comme elles viennent d’être admises à partager avec
les hommes les récompenses destinées aux talens, il
est vraisemblable que la liste des concurrentes s’ac-
croîtra à chaque exposition publique. Nouvelles ama-
zones, c’est dans un champ semé de lauriers et d’im-
. mortelles , qu’elles vont désormais leur disputer les
palmes de la victoire.

S’il est dans l’ordre de citer la première parmj
ces dames celle qui a tenté l’entreprise la plus hardie
et la plus difficile, madame Mongez doit recevoir ici
notre premier hommage. Son tableau d’Orphée aux
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