Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome premier.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-1]

Seite: 98
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Planche cinquante - huitième. — Marie Stuart, reine
d'Ecosse, recevant la sentence de mort que vient de
ratifier le parlement ; Tableau, par M. Vermay.

L’artificieuse Elisabeth, reine d’Angleterre, tenait
Marie Stuart prisonnière depuis dix-huit années. Sa
politique cruelle exigeait le sacrifice de cette illustre
victime ; elle fit juger Marie , son égale , comme si
elle avait été sa sujette. Quarante-deux membres du
parlement et cinq juges du royaume allèrent l’inter-
roger dans sa prison. Elle sut condamnée à mort : le
parlement confirma la sentence et en sollicita l’exé-
cution. Elisabeth signa l’ordre satal, et les comtes de
Kent et de Schrewbury, chargés de le faire exécuter,
s’en acquittèrent avec une barbarie digne de leur mi-
nistère. Marie Stuart reçut son arrêt avec tranquillité,
et même avec joie. Une longue captivité, de violens
chagrins , des infirmités précoces lui saisaient regarder
la mort comme le terme de ses souffrances. Dans ses
derniers jours, elle joignit aux exercices d’une piété
courageuse les soins les plus tendres pour les personnes
attachées à son service -, après avoir écrit en leur sa-
veur à Henri III et au duc de Guise , elle demanda
qu’ils fussent témoins de son supplice. «Songez, dit-
« elle à Kent, qui la refusait avec opiniâtreté, songez
« que je suis cousine de votre reine , que je suis du
« sang royal de Henri III, que j’ai été reine de France
«par mariage, que j’ai été sacrée reine d’Ecosse.»
Inhumainement privée de tous les secours religieux,
obligée d’écouter,les exhortations d’un sanatique qui
la menaçait de la damnation éternelle si elle n’abju-
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