Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome second.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-2]

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physionomies, que les députés de la ville conquise en
ont eux-mêmes fourni les modèles : ceia n’était pas
possible; mais pour ne pas offrir des figures idéales,
ce qui aurait produit une disparate choquante avec
celles du groupe opposé , l’artiste y a substitué les por-
traits de quelques-uns de ses amis. Les grands maîtres,
entre autres Rapfiaël et Paul Véronèse, en ont usé ainsi
dans leurs ouvrages les plus importans : cet hommage
authentique , rendu à l’amitié ou à la reconnaissance,
a tourné au profit de l’art ; leurs tableaux en ont acquis
un nouveau degré de vérité, et sur-tout cette variété
qui charme toujours,

M. Girodet a mis tous ses soins à l’ordonnance de
sa composition, à la correction du dessin, et à la pré-
cision des détails, dont l’exécution ne laisse rien à
desirer. L’ouvrage est si parfait sous ce rapport, que
si l’on osait y chercher un défaut, c’est dans cette
pei'fection même qu’on voudrait le trouver. Tout y est
traité avec une extrême et égale attention, et. les ac-
cessoires sont rendus avec la même finesse que les
objets principaux. Mais si l’artiste a répandu avec une
sorte de prodigalité, dans ce tableau, les richesses
d’un pinceau fini, il s’est en cela montré jaloux de son
art et de sa propre gloire. On ne lui reprochera pas de
précipiter son travail pour acquérir le vain honneur
de produire un plus grand nombre d’ouvrages. Com-
bien d’autres peintres , au contraire , égarés par un
calcul ambitieux, ont rétrogradé dans leur carrière,
et terni en peu d’années l’éclat de leurs premiers suc-
cès !

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