Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome second.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-2]

Seite: 17
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba_salon1808_2/0027
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( i7 )

Flanche dixième. — Atala au Tombeau ; Tableau , par
M. Girodet.

« Enfin nous arrivâmes au lieu marqué par ma
« douleur , nous descendîmes sous l’arche du pont.
« O mon fils ! il eût fallu voir un jeune sauvage et un
«vieil liermite, à genoux vis-à-vis l’un de l’autre,
« dans un désert, creusant avec leurs mains un tom-
« beau pour une pauvre fille, dont le corps était étendu
« près de là , dans la ravine desséchée d’un torrent.

« Quand notre ouvrage fut achevé, nous transpor-
« tâmes la beauté dans son lit d'argile. Hélas ! j’avais
« espéré de préparer une autre couche pour elle.
« Prenant alors un peu de poussière dans ma main,
« et gardant un silence efsroyable, j’attachai pour la
« dernière sois mes yeux sur le visage d’Atala. Ensuite
« je répandis la terre du sommeil sur un sront de dix-
« sept printemps; je vis graduellement disparaître les
« traits de ma sœur, et ses grâces se cacher sous le
« rideau de l’éternité. Son sein surmonta quelque
« temps le sol noirci, comme un lis blanc s’élève du
» « milieu d’une sombre argile : Lopez, m’écriai-je alors ,
« vois ton sils inhumer ta fille! Et j’achevai de couvrir
« Atala de la terre du sommeil. »

On s’attendrit à la lecture de ce passage déchirant;
on ne peut considérer, sans éprouver une vive émo-
tion , le tableau dont il a fourni le sujet.

L’examen de cette peinture et des beautés dont elle
est remplie, serait la matière d’un article beaucoup
plus détaillé que ne peut le permettre l’étendue de
notre recueil; mais si nous sommes dans l’impossi-
bilité de remplir cette tâche intéressante aussi com-
2. 3
loading ...