Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome second.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-2]

Seite: 19
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba_salon1808_2/0029
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
C T9 )

A l’époque du dernier salon nous avons ciré la
Scène du Déluge, par M. Girodet , comme une pro-
duction du plus grand caractère, comme un œuvre
digne déconsolider l’honneur de notre école. Le Tom-
beau d'Atala, dans un style bien différent, ne peut être
comparé au premier, mais ne lui est point inférieur;
il a dû même captiver un plus grand nombre d’ama-
teurs ; tous, d’un commun accord, regretteraient de
voir passer ces deux tableaux dans l’étranger.

S. M. l’Empereur a nommé M. Girodet chevalier
de la légion-d’honneur.

admirable; rien de mieux exécuté que le linceul où elle est à
moitié ensevelie.

Enfin le dernier reproche, et celui sur lequel on insiste le plus :
Atala ne parait pas morte, mais plutôt endormie. Peut-être
aussi eût-on voulu voir ses traits défigures par le poison qui a
abrégé ses j ours ? Mais les grands peintres, et sur-tout les statuaires
grecs, nos maîtres dans tous les genres d'imitation, ont toujours
proscrit l’expression trop vive des passions violentes qui peuvent
dégrader la noblesse et la beauté des traits. D’ailleurs, pour faire
tomber cette critique , il susfit de rappeler le passage de M. de
Châteaubriant : Quiconque eût ignoré que cette vestale avait
joui de la lumière, aurait pu la prendre pour la statue de la
virginité endormie.

On a blâmé l’artiste; on lui devait un éloge. 11 a rendu cette
pensée poétique de la manière la plus heureuse ; c’est le plus beau
trait de son tableau.
loading ...